mercredi 28 décembre 2011

Changement important

Mon site a changé d'hébergeur car il y avait plusieurs problèmes techniques. Vous le retrouverez maintenant au envaseclos.wordpress.com N'oubliez pas de changer vos signets!

mardi 27 décembre 2011

Mise à jour

Je suis présentement en période de mise à jour pour mon blog car il y a plusieurs bogues qui compliquent les choses. Je travaille là-dessus et je reviens avec un blog amélioré et surtout sans bogues. Merci à mes lecteurs, il y a déjà 3814 visites sur mon site!


dimanche 18 décembre 2011

Veuillez patienter...

Chez les personnes T.E.D., le délai de traitement de l'information peut être plus long que la normale. Comme je le mentionne ici les données que j'ai en mémoire sont classées de manière un peu spéciale. Ainsi, une information peut être vraiment loin dans ma tête et ça me demande un peu de temps pour y accéder. 

Par exemple, l'autre jour, j'ai appelé à la pharmacie. La pharmacienne m'a demandé mon adresse. Je connais très bien mon adresse et je n'ai pas de  problème à la retenir, au contraire, j'ai une excellente mémoire. Pourtant, je n'arrivais pas à répondre à la question. Je cherchais mon adresse dans ma tête et c'était le noir total. Certains chiffres me passaient par la tête mais, après analyse, ils étaient tous liés à autre chose: le numéro de téléphone de quelqu'un, la température du four pour une recette, la page à laquelle je suis rendue dans un roman, ma date de naissance, l'année de début de la deuxième guerre mondiale, etc. En fait je me suis rendu compte que toutes les données numériques présentes dans mon cerveau étaient classées dans le même dossier. Il fallait que je démêle tout ça pour retrouver mon adresse. Finalement, elle m'est revenue comme un flash et j'ai pu répondre à la pharmacienne. Tout ça se fait quand même assez rapidement, environ 40 secondes je dirais. Mais ce 40 secondes là était essentiel pour  moi. Et pendant que j'essayais de retrouver mon adresse la pharmacienne disait au téléphone: "Madame, vous êtes toujours là?". Elle devait penser que je n'étais vraiment "pas vite".  Mais ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'à chaque fois qu'elle me reparlait pour me demander si j'étais là ou pour me répéter la question concernant mon adresse, elle bloquait le travail que j'étais en train de faire dans mon cerveau.

C'est important que les gens autour de moi respectent ce temps de traitement de l'information. Car chaque fois qu'ils insistent pour que je réponde plus vite ou qu'ils reposent la question, cela arrête l'opération mentale et me force à recommencer à zéro. Sans l'insistance de la dame (qui ne pouvait pas savoir mon problème bien sur!), j'aurais probablement pu lui donner mon adresse en 15 secondes maximum. Mais à cause de toutes les interférences, ça m'en a pris environ 40. Et pourtant la question était très simple, une question routinière qui ne demande pas beaucoup de réflexion. Imaginez si il s'agit d'une consigne double ou même triple qui me demande, en plus de mémoriser la consigne, d'effectuer une action quelconque. Ou encore une question qui demande un jugement critique, qui exige qu'en plus de trouver des informations dans ma mémoire, je doive, à partir de celles-ci, élaborer une argumentation! Laissez moi du temps s'il-vous-plait! Le pire des cas c'est quand je dois réagir à une blague, un sarcasme ou un sous-entendu. Cela peut me prendre plusieurs heures à saisir. Je répète la blague dans ma tête et je la tourne dans tous les sens pour découvrir qu'est-ce qui pouvait bien faire rire les gens autant. Pas évident.

Vous vous direz peut-être qu'à cause de ça je ne suis pas très intelligente, "pas vite" comme on dit souvent. Pourtant je pense que c'est tout le contraire. J'emmagasine des tonnes de données dans ma tête à chaque jour. Je ne fais pas le tri entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas et c'est pour cela que tout est mal classé. Mon cerveau est saturé. J'utilise les données pour réfléchir sur différents sujets qui m'intéressent et à ce moment là, j'ai tout mon temps pour bien analyser les choses et produire une bonne réflexion, mais que personne ne remarquera puisque je la garde dans ma tête. J'aurais besoin du même temps quand je parle avec quelqu'un. Mais nous vivons dans un monde où tout doit aller rapidement et cela ne convient pas à mon cerveau d'Asperger. Maintenant que vous comprenez tout ça, prenez un peu de temps (!) pour assimiler et ensuite, vous pourrez sûrement adapter votre réaction lorsque je dois réfléchir avant de vous répondre!

samedi 10 décembre 2011

Les party de Noël

Le temps des fêtes approche et un peu partout, des party de Noël sont organisés. Mon milieu de travail n'est pas en reste et nous aurons donc droit à un party sous peu. Depuis qu'il a été annoncé, une question est sur toutes les lèvres: "Viens-tu au party de Noël?". Je ne savais pas trop si je voulais y aller. D'un côté j'aurais aimé ça, mais d'un autre, ça me rend très anxieuse juste à y penser. Pour la majorité des gens, les party sont une occasion de se connaitre en dehors du temps de travail, d'avoir du plaisir avec ses collègues, etc. Mais pour moi, c'est surtout une occasion de prouver à tous comment je peux être maladroite socialement, ce qui ne me plait pas vraiment, bien entendu. Imaginons un peu à quoi ressemble un party de Noël à mes yeux.
Premièrement, j'arrive dans la pièce. Il y a plusieurs tables et des gens éparpillés un peu à chaque table. Où dois-je m'asseoir? Ce n'est pas mentionné nul part. Je ne sais pas quel endroit choisir, c'est compliqué. 

Ensuite, il y a les conversations. Il est possible que de la musique joue en arrière plan. Dans ces moment, toutes les conversations des gens sont empilées les unes par dessus les autres et la musique couronne le tout. C'est étourdissant et je n'arrive pas à distinguer les conversations entre elles. Pour moi, tout rentre d'un seul coup dans mon cerveau, ce qui provoque le chaos total dans ma tête. Je me retrouve alors incapable de suivre correctement une conversation.

Et même si j'étais capable de suivre la conversation. Si c'était calme et sans musique. L'art de la conversation ce n'est pas mon fort. J'écoute ce que les gens disent, mais souvent je n'ai aucune idée de quoi répondre. Souvent j'analyse les dernières phrases de mon interlocuteur pendant quelque minutes avant de trouver quoi dire et à ce moment là il est trop tard et ma phrase devient complètement hors-contexte (du moins c'est ce que les gens me disent). Parfois je répond uniquement par des ''oui, non, je ne sais pas'' et d'autres fois, quand le sujet m'interpelle, je peux monologuer seule pendant plusieurs minutes. J'ai de la difficulté à calibrer mon discours. En plus, il y a aussi la question du moment. À quel moment est-ce que je peux parler? Je ne distingue pas le non-verbal d'une personne qui a fini de parler. Je ne distingue pas les silences significatifs, à moins qu'ils soient vraiment longs donc plus facilement identifiables. On me dit d'être attentives à ces signes, mais ce n'est pas facile pour moi. Alors je me retrouve souvent à couper la parole des gens, parce que j'avais cru percevoir ce fameux silence. Et en plus de tout ça, si il y a plusieurs personnes dans une conversation, c'est encore plus compliqué de savoir quand parler parce que je n'arrive pas à percevoir les signes qu'une autre personne veut parler. Il y a plein de petits détails qui m'échappent. À qui m'adresser quand je suis en discussion avec plusieurs personnes? Quels sujets sont abordables dans ce genre de conversation?, Si deux personnes se mettent à parler entre elles, est-ce que je me concentre sur ce sous-groupe ou je reste en discussion avec le grand groupe? Comment je me joins au à une conversation? Comment savoir si je suis la bienvenue? Puis-je quitter la conversation si je trouve ça ennuyant et, si oui, comment? etc. Plein de questions qui font que je suis malhabile dans les conversations et qui rendent celles-ci difficile pour moi, voir même épuisantes car mon cerveau doit être en mode ''analyse''.

Finalement dans certains party de Noël, il y a deux choses que je déteste: l'alcool et la danse. L'alcool parce qu'il y a toujours des gens pour offrir un verre aux invités. (D'ailleurs pourquoi ils offrent un verre? Ils offrent aussi l'alcool qu'il y a dedans à ce que je sache!) Et moi je prends des médicaments, donc en théorie je ne peux pas prendre d'alcool. Et souvent les gens insistent, me disent de ne pas être gênée. Et moi je n'ai pas toujours envie de leur expliquer que je prend des médicaments. Pour la danse, je suis tellement maladroite que je ne sais pas comment danser si ce n'est pas chorégraphié. Ne m'invitez surtout pas à danser je vis cela comme une humiliation à chaque fois, mais si je dis non les gens vont insister et me dire de ne pas être gênée. Et si je ne vais pas danser, qu'est-ce que je fais lorsque je me retrouve assise seule à ma table? Un autre problème à résoudre pour moi. 

Vraiment, les party de Noël ce n'est vraiment pas évident pour moi. Mais pourtant, je suis certaine que je pourrais m'amuser si je n'avais pas tous ces questionnements et ces malaises. Peut-être qu'un jour j'affronterai cela. Pas cette année, mais peut-être l'an prochain, qui sait?

dimanche 4 décembre 2011

Regarde moi dans les yeux

Je déteste cette phrase..."Regarde moi dans les yeux." Les gens qui l'exigent ne comprennent vraiment pas que pour moi, regarder dans les yeux m'empêche de me concentrer. Premièrement, parce que lorsque j'ai une conversation avec une personne, je préfère écouter. L'écoute donne plus d'informations concrètes et faciles à analyser. Et si j'écoute, je ne peux pas regarder en même temps. Je regarde donc dans le vide, mais dans le fond je ne vois rien, mon canal visuel est à "off" pendant que le canal auditif prend le relais. C'est impossible de les combiner. En plus quand je m'efforce de regarder une personne dans les yeux, je me sens extrêmement anxieuse. Et commence alors une guerre mentale qui prendra toute la place dans mon cerveau. Ainsi je vais tenter de me concentrer sur ce que la personne me dit, mais trop de choses viennent dans ma tête en même temps. Par exemple lorsque quelqu'un m'explique le chemin pour se rendre quelque part:

"Alors tu continues tout droit jusqu'à ce que tu apperçoives... allez regarde dans les yeux et soutien le regard, tu sais que les gens préfèrent que tu les regardes. ...à droite et tu continues jusqu'à ...pourquoi sa pupille droite tremble légèrement? Oh elle vient de cligner des yeux. ...ensuite tu te rends à la lumière et tu ...oh elle fronce les sourcils.Ça lui fait 3 plis au coin de l'oeil droit et 2 plis au coin de l'oeil gauche. tout droit. Tu embarques sur l'autoroute jusqu'à la sortie 126 et ...oh zut j'ai arrêté de la regarder dans les yeux. Ils faut que je fasse plus d'efforts que ça, allez je dois la regarder. As-tu compris le chemin?"

Pensez-vous que je peux vraiment comprendre le chemin que la personne me donne quand il y a autant d'interférences? Non.
Regarder dans les yeux me fait définitivement sentir mal. C'est une sorte d'anxiété, un peu comme si je me sentais en danger lorsque j'ai un contact visuel. En plus ça rend la conversation improductive car il faudra de toute façon la recommencer pour que je réussisse à comprendre le message de l'autre. Je ne peux pas gérer des informations visuels et auditives en même temps, c'est incompatible. La prochaine fois que vous parlerez à une personne autiste, dites-vous que si elle ne vous regarde pas dans les yeux, c'est signe qu'elle vous écoute!

jeudi 1 décembre 2011

Qu'est-ce que le syndrome d'Asperger?

Pour ceux qui ne connaissent pas trop ça, je vais vous donner une description sommaire de ce qu'est le syndrome d'Asperger. En fait, ce syndrome fait partie des troubles envahissants du développement (TED). Les TED ont tous trois domaines d'atteintes spécifiques (on l'appelle la triade autistique), soit : difficulté dans les interactions sociales (comprendre le non-verbal), difficultés dans la communication (savoir tenir une conversation avec quelqu'un, réciprocité sociale) et intérêts restreints / stéréotypés (rituels rigides, maniérisme, etc.). Pour décrire précisément le syndrome d'Asperger, je crois que le mieux est de vous écrire les critères diagnostics prévus dans le DSM IV. Le DSM IV c'est le grand livre des psychiatres. Toutes les "maladies" mentales y sont répertoriés et le livre sert à les diagnostiquer. Notez ici que je met "maladies" entre guillemets parce que je ne considère pas que les troubles envahissants du développement soient une maladie.  Je pense plutôt que c'est une forme de fonctionnement différente. De toute façon cette définition ne tiendra pas encore très longtemps. D'ici quelques années, ils feront le DSM V et dans cette édition, ils prévoient regrouper tous les TED sous le terme de "Troubles du spectre autistique". L'asperger ne sera donc plus un diagnostic à part. Alors allons y pour les critères du DSM IV. Pour vous aider à mieux comprendre, je vous met en italique en quoi chaque critère me touche personnellement:

  • A. Altération qualitative des interactions sociales, comme en témoignent au moins deux des éléments suivants :
  1. altération marquée dans l'utilisation, pour réguler les interactions sociales, de comportements non verbaux multiples, tels que le contact oculaire, la mimique faciale, les postures corporelles, les gestes (J'ai de la difficulté à regarder les gens dans les yeux lorsque je parle avec quelqu'un. Je peux sembler un peu figé et raide lorsque je suis en discussion. J'ai de la difficulté à comprendre comment se sent une personne en regardant son non-verbal.)
  2. incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau du développement (Je n'ai jamais eu beaucoup d'amis. Je ne sais pas comment agir avec les gens, quoi leur dire ou comment les aborder, alors je préfère parler à des enfants,car pour eux les conventions sociales sont moins importantes).
  3. le sujet ne cherche pas spontanément à partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d'autres personnes (p. ex. il ne cherche pas à montrer, à désigner du doigt ou à apporter les objets qui l'intéressent) (Ce critère ne me touche pas vraiment, je crois.)
  4. manque de réciprocité sociale ou émotionnelle (J'ai de la difficulté à me mettre à la place d'une autre personne pour comprendre son point de vue.)
  • B. Caractère restreint, répétitif et stéréotypé, des comportements, des intérêts et des activités, comme en témoigne au moins un des éléments suivants :
  1. préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d'intérêt stéréotypés et restreints, anormale soit dans son intensité, soit dans son orientation (J'ai eu, à différents moments de ma vie, des intérêts un peu spéciaux: les enfants disparus, la 2ième guerre mondiale, les sectes, etc. Quand j'ai une obsession sur un sujet, toute ma vie tourne autour de celui-ci. Je lis des livres sur ce sujet, je fais des recherches sur internet à ce sujet, etc.)
  2. adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non fonctionnels (Je n'aime pas quand les choses changent dans mon entourage. J'aime faire toujours la même routine et je sous fâché si je dois y déroger.)
  3. maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (p. ex. battements ou torsions des mains ou des doigts, mouvements complexes de tout le corps) (Je bouge parfois  mes mains devant ou de chaque côté de mon visage.)
  • C. La perturbation entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel, ou dans d'autres domaines importants.
  • D. Il n'existe pas de retard général du langage significatif sur le plan clinique (p.ex. le sujet a utilisé des mots isolés vers l'âge de 2 ans et des phrases à valeur de communication vers l'âge de 3 ans). (Je ne me souviens pas à quel âge j'ai commencé à parler, mais je sais que je n'ai jamais eu de retard à ce niveau.)
  • E. Au cours de l'enfance, il n'y a pas eu de retard significatif sur le plan clinique dans le développement cognitif ni dans le développement, en fonction de l'âge, des capacités d'autonomie, du comportement adaptatif (sauf dans le domaine de l'interaction sociale) et de la curiosité pour l'environnement. (Enfant, j'étais même en avance dans plusieurs domaines. Par exemple, je savais lire à l'âge de 3 ans.)
  • F. Le trouble ne répond pas aux critères d'un autre trouble envahissant du développement spécifique, ni à ceux d'une schizophrénie.

 Le syndrôme d'Asperger provoque aussi d'autres traits particuliers. Pour moi, les choses qui sont le plus touchées sont:
  •  La motricité globale (Je suis maladroite avec mon corps, j'ai de la difficulté dans les exercices qui demandent de faire des mouvements précis avec son corps.)
  • La régulation sensorielle (Je suis hypersensible à certains sons et j'ai aussi de la difficulté avec les textures lorsque je mange. Je ne tolère donc pas certains aliments. J'ai aussi énormément de difficulté à tolérer l'humidité.)
  • Mémoire (J'ai une excellente mémoire pour des données précises, ce qui m'a beaucoup aidé au niveau académique.)
  • Penser en images plutôt qu'en mots.

mardi 29 novembre 2011

Les bienfaits de la zoothérapie



Aujourd'hui je vais vous parler de mes chats. Mes chats ont une importance majeure dans ma vie et je crois que grâce à eux j'ai pu passer à travers bien des difficultés. Lui c'est Astuce:

Je l'ai eu quelques mois après avoir eu 18 ans. En fait, j'avais été habituée aux familles d'accueil et à 18 ans je me suis retrouvée un peu seule en appartement. Je trouvais cela très difficile. Puis, quelqu'un m'a dit : "Pourquoi tu n'adopterais pas un chat? Ça aide à briser la solitude." Au début je ne voulais rien savoir de cela, je n'avais jamais vraiment aimé les animaux (à part toute petite, comme presque tous les enfants). Mais l'idée a fait du chemin dans ma tête et j'ai fini par aller dans une animalerie. Il y avait environ 6 ou 7 chatons qui attendaient de trouver une famille. Et là, si nous étions dans un livre ou dans un film, je vous dirais sûrement que j'ai eu le coup de foudre pour un chat en particulier, mais ce n'est pas arrivé. Je les trouvais mignons, mais tous pareilles. Je parlais avec la dame de l'animalerie et elle finit par me dire qu'un en particulier risquait de ne pas être adopté car il était trop agressif. Il mordait et griffait beaucoup. Je me suis reconnue en lui et j'ai décidé de le prendre. J'ai alors essayé de l'aider du mieux que j'ai pu pour lui faire perdre ses tendances agressives. Et c'est devenu le plus gentil des chats. J'ai une relation vraiment très particulière avec celui-ci. Il est TRÈS intelligent, c'est parfois surprenant. Il a maintenant 6 ans et habite encore avec moi. 

Deux ans plus tard, j'ai décidé de trouver un petit frère pour Astuce. J'ai trouvé dans la même animalerie un petit chaton qui m'a tout de suite charmé. C'est lui, il s'appelle Kaïn:
Je l'ai appelé Kaïn parce qu'à l'époque j'aimais beaucoup la musique du groupe Kaïn. Il a maintenant 4 ans. Kaïn est plus discret qu'Astuce, plus tranquille. Par contre c'est un gros glouton! Il mange toujours! Kaïn n'a jamais été agressif, c'est un chat tout doux. Il se tient un peu plus en retrait mais aime beaucoup les gens qui changent sa litière ou qui lui donnent à manger. 

Kaïn et Astuce sont mes meilleurs amis. Ils m'accueillent à tous les soirs quand je reviens du travail. Ils viennent se coller sur moi en ronronnant quand j'ai de la peine ou quand je suis malade. Ils ont été une grande source de motivation pour moi. Quand j'étais à l'hôpital, il y a un moment où je ne savais plus trop à quoi me raccrocher. Mes chats étaient hébergés à l'hôpital dans le service de l'animalerie. Ce service est offert par Louis H. Lafontaine. Je vous en reparlerai plus en détails dans un autre billet. Mais j'avais le droit de voir mes chats 15 minutes par jour. C'était la seule "visite" que j'avais à l'hôpital et c'était très précieux pour moi. En plus, j'ai continué à vouloir faire des efforts parce que je ne voulais pas que mes chats passent leur vie dans une cage à l'hôpital. Je voulais leur offrir un appartement où ils seraient bien et pour cela je devais retrouver une vie normale le plus vite possible. Ça m'a vraiment motivée et je suis contente aujourd'hui de les avoir tous les deux près de moi. En plus, ils m'aident sur beaucoup d'autres aspects de ma vie. Par exemple, au niveau des relations sociales, un domaine dans lequel je ne suis pas très bonne. En ayant des chats, cela me donne un sujet de conversation plus facile à gérer et dans lequel je suis relativement à l'aise. Les gens le savent et me parlent souvent de mes chats, ce qui m'aide beaucoup. J'ai alors l'impression d'avoir une vraie conversation comme tout le monde.  C'est fou comment un animal peut faire une différence dans la vie.

samedi 26 novembre 2011

Les services du C.R.D.I.T.E.D.

Les C.R.D.I.T.E.D. (Centre de Réadaptation en Déficience Intellectuelle et en Troubles Envahissants du Développement) ont pour mandat d'offrir des services aux personnes qui ont, entre autres, un trouble envahissant du développement. J'ai reçu et je reçois encore des services de leur part. Je participe à un groupe avec une psychoéducatrice à toutes les deux semaines pendant 2 sessions pour pratiquer différentes habiletés sociales (gestion de stress, etc.). Malheureusement les C.R.D.I.T.E.D. manquent de ressource. Ils ont trop peu de moyens pour répondre à la demande, surtout celle des adultes. Par exemple, lorsqu'on fait une demande de service dans ces centres, le temps d'attente est de plus d'un an. Un an c'est très long quand on a besoin d'aide. Mais depuis peu, de nouvelles règles ont été instaurées: les épisodes de service. En effet, maintenant, lorsqu'une personne commence à recevoir des service du centre de réadaptation (après la longue attente d'au moins 1 an), elle est aidée pour un seul problème: celui qui l'a amené à faire la demande. Lorsque ce problème est réglé, au lieu d'aider la personne dans son ensemble et de l'aider pour toutes ses difficultés, ils ferment le dossier. Pour avoir encore de l'aide il faut repasser par le CLSC qui referont une demande pour être à nouveau sur la longue liste d'attente. Il y a un manque criant de ressources pour les personnes qui ont un TED, mais plus particulièrement pour les adultes. Les adultes, pour la plupart, n'habitent plus chez leur parent et se retrouvent avec beaucoup de défis à gérer dans leur quotidien. Il faut que ça change. D'ailleurs un pétition, que je vous invite à aller signer, a été faite pour demander qu'on revienne à l'ancien système pour les services: de l'aide pour les personnes jusqu'à ce que la personne n'en aie plus besoin.



Merci de votre soutien!

mercredi 23 novembre 2011

Mon classeur

Dans ma tête tout est classé. Comme une banque de données. Par contre, c'est parfois classé de manière, disons, un peu différente de la normale. Certaines choses sont classées selon le bruit que j'entendais au moment d'apprendre cette nouvelle donnée. D'autres sujets peuvent être classés selon le nombre de syllabes qu'ils contiennent (pair ou impair). Je peux aussi classer les choses selon les sensations vécus au moment de la découverte de ces choses. 
Dans mon grand classeur, j'ai beaucoup de données sur le comportement social que j'ai amassées avec le temps. J'essaie de me fier sur ces données pour avoir l'air le plus "normale" possible en société. Une des choses les plus difficiles pour moi en société, c'est de débuter des conversations. J'ai quelques phrases apprises par coeur que j'utilise, mais c'est parfois compliqué à gérer. Par exemple, aujourd'hui il a neigé dehors. Je sais que je pourrais dire "Ça y est, l'hiver est commencé". Je sais qu'en fait ce n'est pas l'hiver qui commence car théoriquement c'est en décembre, mais c'est une phrase plaquée qui se dit bien, le problème n'est pas là. Le problème est que je ne sais pas si je dois utiliser cette phrase toute suite, un 23 novembre. Après tout, si je l'utilise et que toute la neige fond parce qu'il annonce plus doux le reste de la semaine, je ne pourrai pas réutiliser cette même phrase à la prochaine bordée de neige. Car cette phrase je ne connais pas de bonne façon de la dire autrement que "Ça y est, l'hiver est commencé" et les gens n'aiment pas quand on se répète....

Alors toute la journée, j'ai analysé la situation. J'étais vraiment embêtée et je voulais garder ma phrase pour le moment le plus approprié possible...je le dis tout de suite ou j'attends la prochaine bordée de neige? Vraiment difficile comme choix. Parce qu'il faut tenir compte du fait que je VEUX entrer en contact avec les autres. J'ai envie de leur parler, mais je ne SAIS PAS quoi dire et comment le faire. C'est pour ça que les phrases de ma banque de données sont si précieuses. J'essaie d'utiliser une phrase de ma banque de donnée par jour, et c'est souvent le plus beau moment dans ma journée, car j'aime bien parler aux gens. 

Finalement est-ce que j'ai utilisé la phrase "Ça y est, l'hiver est commencé"? Non....J'ai décidé de la garder pour la prochaine fois. Tout simplement parce que j'ai trouvé une autre phrase qui se plaçait aussi bien dans  une discussion avec une collègue : "Est-ce que ça va mieux?". Le moment propice pour l'utiliser est venu et je l'ai dit. Ensuite, j'ai jugé que je ne voulais pas utiliser 2 phrases dans la même journée par peur d'en manquer pour plus tard.

Alors je parlerai de l'hiver un autre jour....

dimanche 6 novembre 2011

Présentation

Je m'appelle Marie-Pier. Je pourrais vous dire que j'aime mes chats, les jeux de nombres, la lecture de romans policiers et, bien sûr, l'ordinateur. Mais je vais plutôt vous dire ceci: j'ai un trouble envahissant du développement (TED) de type Asperger (semblable à l'autisme), un trouble obsessionnel compulsif (TOC) et le syndrome Gilles de la Tourette. Si vous êtes de ces personnes qui sont intéressées à suivre mon cheminement, soit parce que vous êtes touché par un de ces syndrome ou tout simplement par curiosité, je vous invite à venir régulièrement ici pour lire mon histoire.

Je vous parlerai de mes joies, mes peines et des défis que je dois relever à chaque jour. Parfois je retournerai un peu en arrière pour vous expliquer comment j'ai fait pour me rendre où je suis actuellement. Car je considère avoir réussi de belles choses malgré mes difficultés. Je suis éducatrice spécialisée et j'aide les adolescents autistes. Aussi, j'habite seule dans mon propre appartement.

Par le biais de ce blogue, je vais tenter de vous faire comprendre ma façon de voir le monde. En espérant que vous apprécierez!